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Front row [ciné]

Samedi 29 décembre 2007
Entre février et juin cette année, je suis beaucoup, beaucoup allé au cinéma. Depuis septembre, moins. D'abord il n'y a rien de bien transcendant à l'affiche en ce moment, encore que ça se repeuple ces derniers temps, et puis il fait froid dehors. Et puis ça bouffe du temps. Alors pour économiser du temps justement, j'ai regardé pas mal de films chez moi. Si je calcule bien, avec le trajet aller-retour, les pubs, la petite avance à prévoir pour avoir une bonne place -ou une place tout court si le film a du succès-, on gagne bien une heure par film... Enfin j'ai quand meme pas mal traîné das les salles obscures, vous allez voir.

Mais tout ça tombait bien puisque dans le fond, ma culture cinématographique est assez pitoyable, voire proche de zéro, et le ciné à la maison offre la possibilité de rattraper ça presto. J'ai donccommencé par m'enfiler quelques films relativement récents mais quand meme  super-méga-over-culte. Le problème avec ce genre de films, c'est qu'on en a tellement entendu parler, généralement en bien, qu'on est déçu presque à tous les coups.
Premier exemple : Pulp fiction. Elu meilleur film de ces 30 dernières années par les lecteurs de Première, rien que ça... bon ok, je me suis pas vraiment fait chier (quoique...Image Hosted by ImageShack.us quelques longueurs, hein), les acteurs sont pas mauvais, mais je n'y ai rien vu de transcendant. Et surtout, cette narration éclatée n'a aucune espèce d'intérêt. Un bon divertissement donc, mais qui n'arrive pas à la cheville des Kill Bill, qui scotchent du début à la fin, qui sont à la fois très drôles et absolument jouissifs lors des scènes d'action. Rien à voir non plus avec le dernier Tarantino, Boulevard de la mort, qui pour le coup est assez assomant à force de bavardages.
Beaucoup moins connu mais dont je n'avais absolument jamais entendu parler en mal, Coffee and Cigarettes de Jim Jarmusch. Succession de saynètes plus ou moins drôles, tournées entre potes. Pour tout dire (et c'est un autre avantage du cinéma à la maison), j'ai zappé les trois-quarts des scènes au bout d'une minute ou deux. Seule celle avec Cate Blanchett a retenu mon attention. Un peu comme dans I'm not there qui est actuellement à l'affiche d'ailleurs. Je me faisais une joie d'aller voir cette presque-biopic qui avait l'air bien déjanté et dont le concept - faire jouer Bob Dylan aux différentes époques de sa vie par 6 acteurs différents - me semblait alléchant. Vilaine erreur de jugement : au bout de cinq minutes le carosse se transforme en gros navet. Disons qu'on a l'impression que ce serait une expérience onirique unique si ce n'était pas aussi prétentieux et creux, comme quoi un super concept n'accouche que d'un gros flan s'il n'est pas accompagné d'un scénario digne de ce nom. Parce qu'honnêtement, qui peut dire ce que vient foutre Richard Gere déguisé en Billy the Kid dans tout ce foutoir, qui, je veux dire excepté le genre de types qui ont regardé Lost Highway 146 fois et qui ont une théorie in-cre-vable sur tous les détails du film? Enfin, pour revenir au sujet, seule Cate Blanchett surnage dans cette bouillie, et encore, elle fait un peu argument promo tout fait, du genre "hoho c'est audacieux, faire jouer Dylan par une femme". C'est d'ailleurs à peu près tout ce qu'on a entendu au sujet de ce film depuis sa sortie.
Bref, voilà le genre de films qui donnent envie de continuer à faire son cinéma chez soi (car si j'avais vu I'm not there en DVD, j'en aurais zappé une bonne partie).
Dans le genre biopic, Control était bien plus réussi. Certes, c'était surtout beaucoup plus classique, mais la prestation de Sam Riley et la lumière exceptionnelle suffisaient à en faire un film pas banal... Et puis ça a été l'occasion pour moi de découvrir la musique de Joy Division, qui se mariait à merveille avec ce noir et blanc, et qui compensait parfois la froideur que certains ont reproché à l'image. Tiens et puis dans le genre film de star, Lagerfeld confidentiel a été une excellente surprise. Si au final on n'est pas vraiment "In bed with Karl" comme on pouvait s'y attendre, on découvre un homme cynique, à l'humour dévastateur, à la Image Hosted by ImageShack.usculture monstre, qui gère admirablement bien son image médiatique tout en ayant un regard critique sur le monde dans lequel il évolue. Un docu très intéressant, pas trop consensuel, dont on ressort quand meme un peu frustré de ne pas avoir vu plus de haute couture, surtout que le peu que l'on voit (le très beau défilé Chanel hiver 2005-2006, le délié des croquis de Lagerfeld) et très alléchant.
Voilà qui me fait une transition toute trouvée vers un autre film vu à la maison, Dead man de Jim Jarmusch, qui lui est loin d'être une biopic mais qui emprunte le nom de William Blake et fait de nombreuses références à ses oeuvres. Là, je n'avais aucune raison d'être déçu puisque je n'avais tout simplement jamais entendu parler de ce film. Ca a d'ailleurs été une excellente surprise. C'est le genre de films dont on peut difficilement faire le tour tant ils regorgent de références, de symboles et de poésie. L'image est d'une beauté incroyable, un noir et blanc lumineux, à couper le souffle.
Injustement méconnu aussi, J'me sens pas belle, une magnifique comédie romantique comme on en fait rarement en France. L'idée de voir Julien Boisselier et Marina Foïs seuls à l'écran pendant une heure et demi est déjà franchement réjouissante, mais le résultat est au-delà de ce que j'attendais. C'est d'abord à mourir de rire, mais c'est surtout très touchant de voir ces deux personnages terrorisés à l'idée de s'engager dans une relation amoureuse évoluer dans une ambiance tendue comme un string et un poil absurde.
Dans le genre "ils finissent ensemble à la fin et il n'y a qu'eux qui ne le sachent pas depuis le début", Disney a sorti pour Noël Il était une fois, qui se voulait un peu décalé et irrévérencieux. Effectivement, certains classiques du studio sont gentiment malmenés, mais Disney a plusieurs années de retard et on a l'impression d'avoir tout vu -en mieux- dans les deux premiers Shrek, en particulier le prince charmant complètement abruti. On peut pas vraiment dire que ce soit une réussite de ce côté-là donc, mais le reste est sympathique quoiqu'un peu trop niais parfois, et les passages chantés sont excellents.
Dans la lutte pour l'argent des mamans qui accompagnent les gamins, ceci dit, Il était une fois aura surement du mal à rivaliser avec le blockbuster A la croisée des mondes : La boussole d'or. En ce qui me concerne, le choix est vite fait, mais il faut dire que je suis un fan de la trilogie de Philip Pullman. J'attendais l'adaptation avec impatience et, forcément, un peu d'appréhension. J'en suis sorti plutôt satisfait : malgré les retouches nécessaires à la transposition, l'esprit et la trame du bouquin sont bien respectés et visuellement tout colle avec ce que j'avais imaginé pendant ma lecture. J'ai seulement regretté que certains passages soient un peu adoucis (vous avez déjà vu un ours se faire arracher la machoire sans perdre une goutte de sang vous?) et surtout que quelques incohérences, surement dues à des scènes coupées, nuisent un peu à la fluidité du film. A part ça La Image Hosted by ImageShack.usboussole d'or est un bon divertissement qui pose les bases de la trilogie et ouvre les portes pour causer un peu plus sérieusement de la faute originelle et de la guerre contre Dieu dans les volets suivants.
Comme l'adaptation de romans à succès est une entreprise assez peu risquée financièrement, voire franchement juteuse, on a aussi eu droit à l'automne à 99F. J'avais justement lu le bouquin cet été, je n'en suis pas vraiment un inconditionnel mais qui comportait quelques bonnes idées ; j'espérais donc un peu de cette adaptation, mais j'ai finalement eu l'impression que tout ce qui était mauvais dans le livre, en particulier son humour lourdaud et pseudo-provoc' pipi-caca-sexe, avait été exagéré et le reste mis de côté. D'ailleurs je ne comprends toujours pas pourquoi la fin a été changée pour transformer Octave au pire en martyre, au mieux en héros, là où finalement il n'est qu'un gros loser.
Changement de fin aussi - et encore s'il n'y avait que ça - pour le gros navet avec Will Smith actuellement dans le salles, Je suis une légende. Là, je n'ai pas lu le livre, mais après m'être renseigné je ne comprends meme plus pourquoi le film se réclame du bouquin, ça n'a plus rien à voir. Enfin, ne connaissant pas l'oeuvre de base, j'y allais sans attente particulière mais ça ne m'a pas empêché de trouver ça consternant. En fait, en dehors les vues de New-York désertée, il n'y absolument rien de potable. On sursaute parfois, car le seul ressort du film question trouillomètre, c'est de faire claquer une porte de placard ou crier un zombie au milieu d'un moment de calme. Passée la surprise, on se retrouve face à des monstres grotesques qui brassent beaucoup d'air pour pas grand chose et qui ne sont même pas particulièrement réussis au niveau des effets spéciaux. Peut-être pour se rattraper, on essaye de jouer sur la corde sensible en essayant de montrer que le personnage de vient à moitié fou. Dommage, y a pas plus casse-gueule, et vue l'incapacité de Will Smith à faire passer quoi que ce soit, on a l'impression que tout ça n'est qu'une grosse farce. Mais on touche réellement le fond à la fin, lorsque le héros se sacrifie pour l'humanité toute entière -sortez les mouchoirs- et que l'espir renaît au sein d'une colonie de survivants qui ressemble étrangement à un village mormon. On sort de là en se demandant si tout ça est un hasard ou si c'est un message à peine caché sponsorisé par l'Eglise. Bref, comme disait Baffie à propos de son film, "N'y allez pas c'est une merde". Allez plutôt voir LE chef d'oeuvre de cette fin d'année, Je suis un cyborg.
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Résumer l'histoire de ce film qui ne passe malheureusement que dans 8 salles en France dans l'indifférence générale n'est pas évident, mais je vais quand meme le faire pour vous : Young-goon, convaincue d'être un cyborg, est internée. Refusant de s'alimenter, elle recharge ses batteries en suçant des piles et parle aux appareils électriques qui lui rappellent son importante mission : rapporter à sa grand-mère, persuadée d'être une souris et internée depuis des années, son dentier. Il-Soon, un kleptomane un peu particulier interné dans la même clinique que Young-Goon, va devenir fou d'elle et tenter de l'aider à accomplir sa mission et à trouver le véritable sens de sa vie. 
Vous vous en doutez, c'est un film totalement barré, déglingué, à l'image des personnages qui le peuplent. Tous sont irrésistibles, follement attachants par leur incapacité à voir la réalité. C'est un film drôlissime mais mélancolique, insensé mais brillant, bref c'est un immense moment de poésie. Si vous avez la chance d'avoir une copie dans votre ville, n'hésitez pas une seconde. Les autres peuvent se contenter du cinéma à la maison, à condition de bien choisir : le DVD des Chansons d'amour est sorti le 6 décembre. Comme ça vous avez le choix entre les deux meilleurs films de 2007.

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Mardi 29 mai 2007
Ecrire une belle chanson d'amour, c'est à chaque fois un défi. Faire un film avec des chansons d'amour, n'en parlons pas.
D'abord, il faut faire croire qu'on raconte quelque chose de neuf. Par exemple : Julie aime Ismaël, et réciproquement. Pour pimenter leur vie de couple, ils font un ménage à trois avec Alice. Evidemment, jalousie et rivalité sont au rendez-vous. Et si on décide de briser le trio par une mort, le duo restant devra repartir de zéro pour reconstruire un chassé-croisé amoureux, mais surtout les bouts de vie brisés.

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Quand on écrit une histoire d'amour pareille, il y a pas mal de choses à garder en mémoire. D'abord, il faut se rappeler que si l'amour reste la vedette, rien n'est malsain, même si la motivation de cet amour est le sexe ou le désespoir, et surtout si l'amour est libre. Il faut avoir dans un coin de la tête tous ceux qui nous ont précédés : penser aux clichés et les reproduire, les revendiquer, en inventer d'autres au besoin. L'amour c'est comme une cigarette ; la mort comme des photos en noir et blanc.

Les chansons d'amour racontent toutes la même histoire. Les histoires d'amour finissent mal, en général. Je vais prendre ta douleur. Faut oublier. Ca fait mal et ça fait rien. J'étais partie, ce matin, au bois, bonjour, mon amour, bonjour ;
voici les premières fraises des bois pour toi, mon amour, pour toi...

Les chansons d'amour raconte aussi tout ça, avec élégance, avec humour, avec des acteurs brillants, avec des chansons superbes et sincères, avec une mélancolie palpable, avec tous les sentiments qui font l'amour. Si ce n'est pas le plus beau film d'amour qu'on ait jamais vu (on en jugera dans quelques années), c'est au moins le plus beau film de 2007 pour le moment... Je ne manque pas de bonnes raisons pour l'aimer, pourquoi vous les donner? Courez plutot le voir...
 
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Mercredi 2 mai 2007
Bon je vais jamais avoir le temps de parler des films que je vois en ce moment si je finis pas de parler de ceux de l'hiver... alors aujourd'hui je passe vite fait en revue les meilleurs qui restent et basta, bon débarras, tant pis pour les autres...

Je voulais surtout évoquer After the wedding, le genre de films qui passe totalement inaperçu à cause d'une très mauvaise distribution, d'une promo proche du néant et un pouvoir d'attraction assez faible sur le "grand public" (forcément, un film danois de 2h, sauf si c'est du Lars Von Trier, c'est à peu près invendable) malgré une nomination à l'Oscar du meilleur film étranger et
la présence de Mads Mikkelsen, le grand méchant du dernier James Bond, qui joue bien mieux ici évidemment.

Pendant dix minutes, je me suis dit "Mais qu'est ce que je fous-là?". La bande-annonce assez énigmatique m'avait donné envie de voir ce film, et je ne savais pas à quoi m'attendre. Ca commence comme ce genre de films que je déteste, type humanitaire avec un gentil européen qui aide les pitits nenfants indiens et qui se bat contre une méchaaaaante multinationale et lui demande des sousous pour pas que les pitits nindiens ils meurent de faim (et à la fin, dans la mesure du possible, le boss obèse de la multinationale crève d'un infarctus et le héros regarde un coucher de soleil sur le Gange avec une femme qu'il vient de rencontrer et dont il est éperdument amoureux).

Heureusement ça ne dure pas longtemps. De retour sur le sol danois, Jacob (Mads Mikkelsen donc, notre gentil héros) rencontre un riche PDG qui veut lui donner un peu de sa fortune et qui, au passage, l'invite au mariage de sa fille qui a lieu le lendemain. Jacob, retrouvant de vieilles connaissances, se rend alors compte qu'on ne l'a pas fait venir sans raison...

Commence alors le ballet des retrouvailles et des découvertes, avec beaucoup de pudeur et de sincérité. Des équilibres fragiles se créent entre les personnages, tous vulnérables sans être systématiquement torturés ou caricaturaux. C'est cette retenue et une certaine légèreté qui rendent ce film bouleversant et unique malgré son sujet déjà traité des centaines de fois.


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A des années-lumière d'After the wedding, j'ai aussi beaucoup aimé Music and lyrics (Le come-back), la dernière comédie romantique avec Hugh Grant. Ca n'est pas vraiment une surprise puisque j'adore ce genre de films où on sait dès la première scène comment ça va se finir, à condition du moins qu'ils ne soient pas trop sirupeux : Love Actually, Quatre mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill, Bridget Jones... Indémodables! Et évidemment, le dénominateur commun à ces films, c'est Hugh Grant. Avec Music and Lyrics, il accroche donc une nouvelle grande comédie romantique à son palmarès. C'est encore une fois cousu de fil blanc, mais les dialogues sont excellents et les situations toujours délicieusement loufoques. Et le petit plus de ce film-ci, c'est qu'il est musical et que la BO est un petit bijou. Avec pas mal de second degré bien sur, mais des morceaux comme Pop! Goes my heart ou Meaningless kiss sont de vrais régals, atrocement ringards, mais de vraies tueries... Encore plus 80's que les vrais tubes 80's, un bonheur.

Enfin, comment l'oublier, le fameux La môme, plébiscité par la critique et le public. Inutile de dire que ça m'a énormément ému, que Marion Cotillard est exceptionnelle, que la réalisation est impeccables... Le seul petit bémol pour moi est ce parti-pris de ne pas raconter la vie d'Edith Piaf dans l'ordre chronologique. Rien de génant, ce n'était juste pas très utile : je pensais que l'on passerait des scènes de l'enfance à l'âge adulte par des liens logiques, et il n'en est rien... C'est meme parfois anarchique, et c'est plutot dommage en fin de compte.

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comme je ne peux pas me résoudre à zapper tous lesfilms auxquels je n'ai pas eu le temps de consacrer quelques lignes, voilà au moins quelques mots sur chacun d'eux :
Les ambitieux : tout le film repose sur Karin Viard... exceptée sa prestation, on oublie tout dès qu'on sort de la salle
Cashback : savant mélange de poésie et d'humour potache, un film à mourir de rire et à s'étouffer dans ses sanglots. Du Zach Braff, mais en bien.
Little children : conventionnel, déjà vu (en mieux), il ne vaut que pour l'interprétation de Kate Winslet
Snow cake : habile slalom entre les écueils du pathétique exagéré et de la morale simpliste, un film tout en douceur, très émouvant, avec une Sigourney Weaver superbe dans son rôle d'autiste.
Pars vite et reviens tard : l'imposture de l'année : une épidémie de peste dans le Paris d'aujourd'hui? une idée de départ bien prometteuse... Pas de bol, au bout d'une demi-heure, on apprend que les puces qui se balladent gaiement dans la capitale n'ont pas plus la peste que les acteurs n'ont de talent. Le reste est un polar pénible et lourdaud, ennuyeux et criard au possible.
Dreamgirls : malgré un début enthousiasmant rappelant parfois vaguement l'excellent Chicago, on se retrouve bien vite devant un défilé de mode qui pique les yeux, doublé d'un concours de beuglements parfaitement ridicule (et , comme aux Oscars, c'est Jennifer Hudson qui gagne) d'autant plus que les textes des chansons sont écrits aves les pieds
Le direktor : penser que Lars Von Trier avait fait une comédie était déjà assez rebutant, mais le résultat dépasse l'imagination. Des gags poussifs, des acteurs au bord de la crise de nerfs et un réalisateur bouffi de prétention prenant des poses de démiurge et exposant à brule-pourpoint sa théorie cinématographique.
Chronique d'un scandale : un sujet pas très original bien servi par des acteurs au diapason et une certaine subtilité... sans parler de la BO de Philip Glass
Les témoins : un film honorable si on tient compte du sujet, particulièrement casse-gueule. c'est plutot juste, bien qu'on n'échappe pas à un ou deux clichés.
Entre adultes : s'il bénéficie de circonstances atténuantes (tourné en deux jours avec des acteurs mateurs), ça reste un film sans intérêt à l'image laide, aux acteurs lamentables et aux dialogues risibles.
Par effraction : de quoi ravir les fans de Jude Law (et j'en suis) : il y est diaboliquement sexy. A part ça, c'est un film gentillet à la morale un peu concon.
Ensemble c'est tout : le premier film du printemps! je dois avouer ça se laisse regarder si on est d'humeur à supporter des personnages à baffer (le ronchon Canet, qui joue incroyablement mal et ferait mieux de retourner se planquer derrière sa caméra et l'insupportable bègue) et un scénario qui dégouline de niaiserie...

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Vendredi 13 avril 2007
Après un premier article qui faisait la part belle aux tarés et schizophrènes de tout poil, il est temps de passer à un film aux personnages solides comme des rocs, qui ne varient pas d'un pouce en deux heures. Et il est d'ailleurs temps de passer à une autre note tout court si je veux avoir fini cette série cinéma avant l'été...
Angel, l'héroïne éponyme du film de François Ozon, est de ce type de personnages. Elle va changer de maison et de condition sociale, mais pas de caractère. Elle naît petite pétasse prétentieuse, elle mourra ainsi. C'est d'ailleurs peut-être une des clés du ratage du film... Mais pas seulement. C'est aussi la faute à un scénario digne d'un roman de Barbara Cartland, avec en bonus un léger fantasme lesbien et quelques plans sur des fesses ou des seins, parce que tout de meme on est chez Ozon. Ce n'est pas non plus Romola Garai qui relève le niveau, prouvant avec son jeu tout en gobage de mouches et en écarquillement d'yeux qu'Ozon n'a plus besoin de Ludivine Sagnier puisqu'il a dégoté son double.
Au bout d'un moment, on ne sait plus ce qu'on déteste le plus, ce personnage faux, stupide et bouffi de prétention ou ce film faux, stupide et bouffi de prétention. Toujours est il que, noyé dans le velours et l'or, on ne rêve plus que d'une chose : que cette grosse pintade se prenne les pieds dans un de ses paons gras comme des porcs. Tout comme le personnage de Charlotte Rampling d'ailleurs, seule rescapée du naufrage (ce qui finalement est aussi une marque de fabrique d'Ozon), qui lance des oeillades désespérées au spectateur comme autant de bouteilles à la mer... Désolé Charlotte, espérons que désormais tu y réfléchiras à deux fois avant de t'embarquer sur une telle galère...

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A l'inverse, les personnages de The good german changent d'avis comme de chemises. J'avoue sans honte que pendant trois quarts d'heure, je n'ai pratiquement rien compris. Tout le monde joue un double voire un triple jeu et les digressions sont incessantes... L'intrigue part dans tous les sens et on se demande vers quoi tout ça nous mène. La situation se clarifie un peu par la suite mais pas de bol, ça n'a rien de bien passionant. Surtout que les pauvres acteurs peinent à nous faire croire une seconde à cette série de retournements, en particulier Cate Blanchett qui a du se croire au théâtre... Il reste bien sur l'exceptionnelle photo de ce film, un noir et blanc lisse, parfait, une superbe lumière, mais le reste est vite oublié.

La vie des autres aussi aurait pu être un film en noir et blanc : il ne manquait plus que ça pour qu'il ait l'air d'avoir cinquante ans. Disons-le tout de suite, je ne compreds pas bien le formidable engouement généré par ce film. Oui, les acteurs sont très bons (encore que Sebastian Koch était meilleur dans Black Book), oui c'est très réaliste, oui c'est très bien documenté... Mais qu'est ce que c'est classique! J'ai trouvé ça vraiment longuet, et pas audacieux pour un sou. En un mot : poussiéreux. A l'image des décors qui semblent avoir été sortis de la naphtaline pour l'occasion. Qu'on se croie réellement en Allemagne de l'Est, c'est admirable, mais ça ne fait pas un film...Du coup je ne comprends vraiment pas qu'on ait pu accorder l'oscar du meilleur film étranger à un tel film. Surtout quand deux superbes films, originaux et poignants, pouvaient être primés : Le Labyrinthe de Pan (voir la fin de cet article) et After the wedding (sur lequel je reviendrai bientôt)

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A l'opposé de ce laborieux essai historique se trouve Molière de Laurent Tirard. Imaginer que le réalisateur de Mensons et trahisons (et plus si affinités) pourrait toucher à la vie du plus célèbre auteur français semblait totalement dingue, mais le résultat est extrêmement convaincant. Tout d'abord parce que Tirard, justement, ne raconte pas la vie de Molière mais en invente un épisode loufoque au cours duquel le jeune Molière va rencontrer les personnages hauts en couleurs qui feront le succès de son oeuvre. Du coup, toutes les élucubrations sont permises et les acteurs s'en donnent à coeur joie, Luchini (la scène du cheval!) et Baer en tête. Les dialogues sonnent incroyablement juste et les scènes extraites des pièces de Molière s'inscrivent admirablement bien dans l'intrigue générale qui suit elle-même un schéma proche d'une comédie du 17e. Rendez-vous aux César l'année prochaine...

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Dimanche 25 mars 2007
Rien de tel qu'un bon ciné l'hiver pour sortir tout en restant au chaud. Ayant depuis deux mois une carte UGC illimité, je dois dire que j'en ai pas mal profité puisque je suis allé voir une trentaine de films. Je m'étais dit que je ferais des notes plus régulières sur le cinéma mais finalement me voilà avec trop de films dont j'aurais envie de parler pour un seul article... Il va falloir faire un tri sinon on n'est pas couchés.
Alors allons y.
Grand évènement, il y a eu la première séance avec la carte UGC : The fountain. Inauguration carrément miteuse il faut le dire, mais cela inaugurait aussi un sentiment : l'absence de regret d'avoir dépensé 9? pour voir une merde. Je peux voir n'importe quoi sans jamais regretter mes sous, puisque je ne dépense rien en dehors du forfait illimité. Et vraiment des fois je vais voir n'importe quoi. Mais bon revenons à ce The fountain, de Darren Aronofsky. Nom qu'il a fallu se forcer à retenir quand il a fait Requiem for a dream, mais qu'on peut probablement oublier maintenant que ce réalisateur s'est grillé avec ce délire mystique profondément hermétique. On retrouve le même personnage à trois époques : Hugh Jackman est tour à tour un conquistador cherchant un lieu mythique, un chercheur du XXIe siècle découvrant une molécule de jouvence et pour finir un espèce de maître zen qui fait son yoga dans une espèce de boule à neige cosmique au milieu de laquelle pousse un arbre qu'il doit emmener à Shibalba, une nébuleuse à la fois enfer et source de toute vie.
Evidemment, c'est le genre de film pas facile à résumer. Parce qu'à part ces quelques données basiques, on entrave pas grand chose. En gros, les trois Hugh Jackman cherchent une source de jouvence. La trouvent-ils? Est-ce vraiment le meme personnage qui traverse les siècles (c'est ce que pensent beaucoup de gens qui ont ADORE ce film et cherchent toutes les explications les plus tordues possibles)? On ne sait pas trop. Le pire, c'est qu'en plus on s'en fout. Tout est tellement prétentieux qu'on a pas envie une seule seconde d'aller chercher ce qui a germé dans lepauvre cerveau détraqué d'Aronofsky... Car on sent que si on fouille un peu on va soit se retrouver face à une métaphore pathétiquement pompeuse ou face au vide absolu.
Et étant donné qu'on n'arrive pas non plus à s'interesser aux trois histoires séparément (qui auraient pu être séparées en un mauvais film épique, un mauvais mélo et un mauvais film de SF), on se fait vite terriblement chier. Sans parler de l'esthétique douteuse et les couleurs jaunâtres franchement laides. Ce film rentre sans doute dans les 10 pires choses que j'aie jamais vues...

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Tiens, en parlant d'hermétisme chiant... Ca n'a pas du vous échapper : le maître du genre, David Lynch, était de retour le 7 février avec son nouveau "chef d'oeuvre", INLAND EMPIRE (en majuscules, il y tient).
C'est vrai, je l'ai bien cherché : moi qui déteste David Lynch (celui de Mullholland drive comme celui de Blue velvet), je n'aurais pas du aller voir ce film de presque trois heures. D'ailleurs je suis parti au bout de moins d'une heure et demi.
Bref pour résumer ce que j'ai vu, une comédienne est embauchée pour jouer dans un mélo qu'on dit maudit. Sa vie et celle du personnage, qui trompe son mari, viennent à se mêler tandis que Lynch rajoute de temps en temps des scènes absurdes n'ayant rien à voir avec la trame principale.
Les amateurs de Lynch diront "On n'y comprend rien, mais c'est ça qui est génial". Qu'on m'explique... Encore plus que dans Mullholland drive, Lynch semble avoir assemblé des bouts de film sans aucun rapport (notamment des extraits recyclés du court Rabbits, tourné en 2002)... Pour moi c'est plus du foutage de gueule qu'autre chose. Sans parler de l'esthétique qui sauvait des bouts de Mullholland drive, mais qui est ici absolument nulle, caméra DV tremblante oblige.
En sortant de là (en courant, donc), je me posais une seule question : si ce film avait été l'oeuvre d'un inconnu, qui aurait misé un centime dessus... Et Télérama lui aurait-il accordé sa meilleure note?

Un autre genre, un autre maître qui faisait son retour en force : Friedkin sortait Bug, lui aussi très bien accueilli par la critique. Pour ceux qui ne l'auraient pas vu, petit avertissement : on ne voit pas la patte d'un insecte puisqu'il s'agit d'un film sur la paranoïa. Comment, donc, faire ressentir l'angoisse permanente des deux personnages principaux, puisque l'objet de leur peur n'apparait jamais? La réponse est très simple : il suffit de surjouer. Hurler à se briser la voix et gesticuler à se démettre un membre. Et au passage mettre un peu de gore-ketchup.
Ce n'est pas très efficace j'en conviens, mais ça a le mérite d'être drôle. A mourir de rire. Tout est grotesque, caricatural... La scène la plus représentative du film est parmi les dernières. Les deux "héros", cloîtrés dans leur appartement, entendent frapper à la porte. Un livreur de pizza. Mais ils n'ont pas commandé de pizza. Echange de regards de merlans. Après moult délibérations, la décision est prise : prenons la pizza, sinon le FBI va trouver ça louche. Dans une scène digne de la guerre du feu, Ashley Judd et Michael Shannon se jettent sur le carton de la malheureuse pizza, le reniflent avec méfiance, déchiquètent tout pour chercher les insectes ou un espion... Quel stress, mes amis!
Je ne vous raconte pas la fin, mais elle est assez terrible aussi...
A la limite (je dis bien à la limite), comme film sur la paranoïa, j'ai préféré le Nombre 23 de Joel Schumacher, le nouveau rôle "à contre-emploi" (ça fait dix ans qu'il fait des rôles non-comiques, mais on continue à s'en étonner... bref) de Jim Carrey. Le côté thriller est raté, car on ne partage pas une seule seconde les angoisses du personnage dont l'obsession pour le 23 devient vite assez lourdingue, mais la descente aux enfers est plus crédible et surtout mieux jouée que dans Bug...

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Bon, je vais quand meme pas parler que de films nazes!
Il y en a un autre qui entend des voix... mais lui n'a rien d'un parano : il s'agit d'Harold Crick (le titre complet est "L'incroyable destin d'Harold Crick", effroyable traduction de Stranger than fiction).
Puisqu'il est malheureusement un peu passé inaperçu, je vous fais un petit résumé : Harold Crick (Will Ferrell) est contrôleur des impôts. Sa vie de célibataire est tristement régie par les chiffres, qu'il adore. Tous les matins, Harold compte le nombre de coups de brosse à dent qu'il fait et le nombre de pas qui séparent son appartement de l'arrêt de bus. Un matin, une voix se met à le poursuivre : une femme à l'accent anglais, narrateur omniscient, narre ses moindres actions. De son côté, Karen Eiffel (délicieuse Emma Thompson), romancière à succès, cherche comment tuer le personnage de son dernier livre, Harold Crick...
Un scénario tordu mais incroyablement bien foutu : réalité et fiction se mélangent admirablement bien sans utiliser les clichés habituels du genre... D'ailleurs on n'est jamais enfermé dans aucun genre : on passe du tragique au loufoque en passant par la comédie romantique... La réalisation est superbe, les acteurs tous inoubliables, les dialogues sont de petits bijoux ; bref, sa carrière au cinéma est terminée (avec un peu plus de 100.000 entrées en France je crois, assez honorable avec si peu de promo) mais je lui souhaite une très longue deuxième vie lors de sa sortie en DVD.

à suivre...

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