#2. Rufus Wainwright -
Release the stars. J'ai récemment dédouvert ce chanteur que je ne connaissais que de nom ; je me suis bien rattrapé depuis. A ma première écoute de Release the stars,
je me suis dit que ça ressemblait à s'y méprendre à des chutes de la BO de Moulin-Rouge. La comparaison est un peu réductrice, avec le recul, mais disons qu'il y a une même tendance à la
dramatisation, un fort côté théâtral chez Rufus Wainwright. Plusieurs chansons - les plus belles - finissent en apothéose où se mêlent des choeurs violents, un piano un brin maltraité et la voix
surpuissante de Rufus Wainwright. Le reste du temps, Rufus fait le crooner sur de jolies balades ou sur le plus énergique Between my legs, un des morceaux les plus sexy de l'année.
#3. Pauline Croze -
Un bruit qui court. Pauline Croze est un peu ma chouchoute de la "nouvelle scène française"... Après son premier album, qui a tourné en boucle un bon moment chez moi, et ses
concerts qui m'ont laissé de très bons souvenirs, j'attendais beaucoup de son nouvel opus. Je n'ai pas été déçu : restant sur la voie amorcée en live par A l'évidence, qui s'est vue enrichie au
fil des concerts d'un joli sample, Pauline garde son style et sa personnalité en fouillant plus loin ; l'instrumentation est plus variée, les mélodies audacieuses, les textes moins
terre-à-terre... Un seul dérapage, Sur ton front, que je trouve très irritant. Les 11 autres morceaux sont autant de perles, avec une petite préférence pour le single Jour de foule et le très
beau morceau offert par Arthur H à Pauline, Baiser d'adieu.
#4. Alex
Beaupain - Les chansons d'amour. J'ai assez crié sur les toits mon amour pour ce film pour que tout le monde comprenne qu'il serait en tête de mon top cinéma 2007. La BO
ne mérite pas un tel traitement mais reste un des meilleurs albums de l'année : des morceaux de variétoche un brin désuets (Brooklyn Bridge, quelque part entre Michel Berger et Vincent Delerm),
dans des tons acidulés malgré la gravité des textes, portés par une troupe d'acteurs qui se recyclent admirablement bien en chanteurs. Et évidemment, les images du film qui reviennent malgré tout
en mémoire à l'écoute de l'album jouent en sa faveur... Si Alex Beaupain n'a pas le César de la meilleure bande originale, je vais manifester sur les Champs.
#5. Feist -
The Reminder. Comme pour Pauline Croze, j'attendais beaucoup du nouvel album de Feist. Let it die - et je ne parle pas des tâtonnements de Monarch - était déjà
excellent mais tout de même un peu bancal, souvent fait avec trois sous et un bout de scotch, ce qui lui donnait un certain charme cela dit, et surtout déstructuré, moitié album personnel, moitié
album de reprises. The Reminder confirme le talent de Feist : c'est mieux produit, plus posé, plus riche, et ça se remarque notamment sur la seule reprise de l'album, Sea lion woman,
morceau de Nina Simone dont Feist fait cette fois quelque chose de très personnel. Plus varié et plus pop que le très jazzy Let it die, accompagné d'un très bel artwork,
#6. Les Rita Mitsouko - Variéty. Depuis Cool Frénésie en 2000, la critique était rarement très tendre avec les Rita, et le public les
boudait un peu... Variéty était donc leur grand retour en fanfare, avec un son plus brut, plus rock... L'album prend toute son ampleur en live, où des morceaux comme Berceuse,
Rendez-vous avec moi-même, Ding dang dong ou encore Communiqueur d'amour n'ont rien à envier à Andy ou Marcia. Si on y perd un peu la pêche du live, la version studio est également excellente, le
meilleur album des Rita depuis un bon moment (bien que je sois un des rares inconditionnels de leur période 90-2000's). Seul petit bémol : la version anglaise, sortie quelques mois plus tard, est
parfois mal ficelée, avec des couplets qui tombent mal sur le rythme, et le résultat est décevant. En revanche, l'EP The eye sorti à l'automne comporte 4 morceaux indispensables,
notamment une nouvelle version du très joli Eleganto.
#7.
Zazie - Totem. Après Rodéo, un album plutôt audacieux pour une chanteuse "grand public" comme elle,
Zazie revient à quelque chose de plus classique avec Totem. Pas question pour autant de renier ses petites aventures électro des dernières années, mais les voilà confrontées à l'univers
de la Zazie des débuts, de Je tu ils à Made in love. On retrouve des rythmes tribaux qui lui sont chers, des guitares ressorties du placard et toujours, derrière tout ça,
le bidouilleur de talent qu'est Jean-Pierre Pilot. On bute sur deux ou trois textes un peu faciles et quelques ballades d'une mièvrerie insupportable (L'ange blessé, Duo, 07 Dec.), mais le reste
relève le niveau, que ce soient les textes de J'étais là et de Je suis un homme, désormais son plus grand tube en solo, la douce hystérie de Na ou encore l'extrême sensualité de Totem. Au final,
un album mi-figue mi-raisin et donc une petite déception, la barre étant très haute après Rodéo... Zazie aurait mieux fait de refiler L'ange blessé à Christophe Willem et de se garder
Jacques a dit.
#8. Shivaree - Tainted love : mating calls and fight songs. Sortir un album de
reprises après deux ans d'absence, c'est rarement un très bon signe ; c'est même carrément craignos question créativité, a priori. Heureusement, question créativité, on s'y connait chez
Shivaree : après trois albums bourrés d'idées, on peut bien leur permettre une petite récréation. D'autant plus que ça leur réussit. Je dois avouer ne connaitre qu'un seul des douze morceaux
repris et Shivaree a peut-être massacré des chefs d'oeuvre sans que je le sache, mais peu importe : dans le cas de Shivaree, ça ne s'appelle pas "faire un massacre" mais "s'approprier une
chanson" (comme à la Nouvelle Star, mais en mieux). Il n'y a qu'à voir le groove qui anime leur reprise de Don't stop 'til you get enough, à des lieues de la chanson de Michael Jackson,
ou le fatras de sons qui recouvre presque Cold blooded, évoquant l'ahurissant Thundercats de l'album Rough dreams, pour en être convaincu. Le reste baigne dans l'ambiance
délicieusement rétro qui caractérise le groupe depuis toujours... A noter que la belle Ambrosia s'offrira en 2008 une parenthèse en solo avec la collaboration de Benjamin
Biolay, qui figure déjà dans les crédits de Tainted love.
vrai bijou
pop comme Madonna n'en fera jamais avec tous les Stuart Price du monde. #10. Brisa Roché - Takes. Tournant folk après le jazz de Soothe
me et la pop de The chase, toujours une voix unique et une empreinte particulière. On se rapproche parfois
de l'ambiance d'un film noir, pour retourner ensuite à de la folk un brin psychédélique, fleurs dans les cheveux et pieds nus dans la boue. Pas encore
un coup de maître, mais il y a fort à parier que Brisa Roché continuera sur la pente ascendante.
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