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Samedi 29 décembre 2007
Entre février et juin cette année, je suis beaucoup, beaucoup allé au cinéma. Depuis septembre, moins. D'abord il n'y a rien de bien transcendant à l'affiche en ce moment, encore que ça se repeuple ces derniers temps, et puis il fait froid dehors. Et puis ça bouffe du temps. Alors pour économiser du temps justement, j'ai regardé pas mal de films chez moi. Si je calcule bien, avec le trajet aller-retour, les pubs, la petite avance à prévoir pour avoir une bonne place -ou une place tout court si le film a du succès-, on gagne bien une heure par film... Enfin j'ai quand meme pas mal traîné das les salles obscures, vous allez voir.

Mais tout ça tombait bien puisque dans le fond, ma culture cinématographique est assez pitoyable, voire proche de zéro, et le ciné à la maison offre la possibilité de rattraper ça presto. J'ai donccommencé par m'enfiler quelques films relativement récents mais quand meme  super-méga-over-culte. Le problème avec ce genre de films, c'est qu'on en a tellement entendu parler, généralement en bien, qu'on est déçu presque à tous les coups.
Premier exemple : Pulp fiction. Elu meilleur film de ces 30 dernières années par les lecteurs de Première, rien que ça... bon ok, je me suis pas vraiment fait chier (quoique...Image Hosted by ImageShack.us quelques longueurs, hein), les acteurs sont pas mauvais, mais je n'y ai rien vu de transcendant. Et surtout, cette narration éclatée n'a aucune espèce d'intérêt. Un bon divertissement donc, mais qui n'arrive pas à la cheville des Kill Bill, qui scotchent du début à la fin, qui sont à la fois très drôles et absolument jouissifs lors des scènes d'action. Rien à voir non plus avec le dernier Tarantino, Boulevard de la mort, qui pour le coup est assez assomant à force de bavardages.
Beaucoup moins connu mais dont je n'avais absolument jamais entendu parler en mal, Coffee and Cigarettes de Jim Jarmusch. Succession de saynètes plus ou moins drôles, tournées entre potes. Pour tout dire (et c'est un autre avantage du cinéma à la maison), j'ai zappé les trois-quarts des scènes au bout d'une minute ou deux. Seule celle avec Cate Blanchett a retenu mon attention. Un peu comme dans I'm not there qui est actuellement à l'affiche d'ailleurs. Je me faisais une joie d'aller voir cette presque-biopic qui avait l'air bien déjanté et dont le concept - faire jouer Bob Dylan aux différentes époques de sa vie par 6 acteurs différents - me semblait alléchant. Vilaine erreur de jugement : au bout de cinq minutes le carosse se transforme en gros navet. Disons qu'on a l'impression que ce serait une expérience onirique unique si ce n'était pas aussi prétentieux et creux, comme quoi un super concept n'accouche que d'un gros flan s'il n'est pas accompagné d'un scénario digne de ce nom. Parce qu'honnêtement, qui peut dire ce que vient foutre Richard Gere déguisé en Billy the Kid dans tout ce foutoir, qui, je veux dire excepté le genre de types qui ont regardé Lost Highway 146 fois et qui ont une théorie in-cre-vable sur tous les détails du film? Enfin, pour revenir au sujet, seule Cate Blanchett surnage dans cette bouillie, et encore, elle fait un peu argument promo tout fait, du genre "hoho c'est audacieux, faire jouer Dylan par une femme". C'est d'ailleurs à peu près tout ce qu'on a entendu au sujet de ce film depuis sa sortie.
Bref, voilà le genre de films qui donnent envie de continuer à faire son cinéma chez soi (car si j'avais vu I'm not there en DVD, j'en aurais zappé une bonne partie).
Dans le genre biopic, Control était bien plus réussi. Certes, c'était surtout beaucoup plus classique, mais la prestation de Sam Riley et la lumière exceptionnelle suffisaient à en faire un film pas banal... Et puis ça a été l'occasion pour moi de découvrir la musique de Joy Division, qui se mariait à merveille avec ce noir et blanc, et qui compensait parfois la froideur que certains ont reproché à l'image. Tiens et puis dans le genre film de star, Lagerfeld confidentiel a été une excellente surprise. Si au final on n'est pas vraiment "In bed with Karl" comme on pouvait s'y attendre, on découvre un homme cynique, à l'humour dévastateur, à la Image Hosted by ImageShack.usculture monstre, qui gère admirablement bien son image médiatique tout en ayant un regard critique sur le monde dans lequel il évolue. Un docu très intéressant, pas trop consensuel, dont on ressort quand meme un peu frustré de ne pas avoir vu plus de haute couture, surtout que le peu que l'on voit (le très beau défilé Chanel hiver 2005-2006, le délié des croquis de Lagerfeld) et très alléchant.
Voilà qui me fait une transition toute trouvée vers un autre film vu à la maison, Dead man de Jim Jarmusch, qui lui est loin d'être une biopic mais qui emprunte le nom de William Blake et fait de nombreuses références à ses oeuvres. Là, je n'avais aucune raison d'être déçu puisque je n'avais tout simplement jamais entendu parler de ce film. Ca a d'ailleurs été une excellente surprise. C'est le genre de films dont on peut difficilement faire le tour tant ils regorgent de références, de symboles et de poésie. L'image est d'une beauté incroyable, un noir et blanc lumineux, à couper le souffle.
Injustement méconnu aussi, J'me sens pas belle, une magnifique comédie romantique comme on en fait rarement en France. L'idée de voir Julien Boisselier et Marina Foïs seuls à l'écran pendant une heure et demi est déjà franchement réjouissante, mais le résultat est au-delà de ce que j'attendais. C'est d'abord à mourir de rire, mais c'est surtout très touchant de voir ces deux personnages terrorisés à l'idée de s'engager dans une relation amoureuse évoluer dans une ambiance tendue comme un string et un poil absurde.
Dans le genre "ils finissent ensemble à la fin et il n'y a qu'eux qui ne le sachent pas depuis le début", Disney a sorti pour Noël Il était une fois, qui se voulait un peu décalé et irrévérencieux. Effectivement, certains classiques du studio sont gentiment malmenés, mais Disney a plusieurs années de retard et on a l'impression d'avoir tout vu -en mieux- dans les deux premiers Shrek, en particulier le prince charmant complètement abruti. On peut pas vraiment dire que ce soit une réussite de ce côté-là donc, mais le reste est sympathique quoiqu'un peu trop niais parfois, et les passages chantés sont excellents.
Dans la lutte pour l'argent des mamans qui accompagnent les gamins, ceci dit, Il était une fois aura surement du mal à rivaliser avec le blockbuster A la croisée des mondes : La boussole d'or. En ce qui me concerne, le choix est vite fait, mais il faut dire que je suis un fan de la trilogie de Philip Pullman. J'attendais l'adaptation avec impatience et, forcément, un peu d'appréhension. J'en suis sorti plutôt satisfait : malgré les retouches nécessaires à la transposition, l'esprit et la trame du bouquin sont bien respectés et visuellement tout colle avec ce que j'avais imaginé pendant ma lecture. J'ai seulement regretté que certains passages soient un peu adoucis (vous avez déjà vu un ours se faire arracher la machoire sans perdre une goutte de sang vous?) et surtout que quelques incohérences, surement dues à des scènes coupées, nuisent un peu à la fluidité du film. A part ça La Image Hosted by ImageShack.usboussole d'or est un bon divertissement qui pose les bases de la trilogie et ouvre les portes pour causer un peu plus sérieusement de la faute originelle et de la guerre contre Dieu dans les volets suivants.
Comme l'adaptation de romans à succès est une entreprise assez peu risquée financièrement, voire franchement juteuse, on a aussi eu droit à l'automne à 99F. J'avais justement lu le bouquin cet été, je n'en suis pas vraiment un inconditionnel mais qui comportait quelques bonnes idées ; j'espérais donc un peu de cette adaptation, mais j'ai finalement eu l'impression que tout ce qui était mauvais dans le livre, en particulier son humour lourdaud et pseudo-provoc' pipi-caca-sexe, avait été exagéré et le reste mis de côté. D'ailleurs je ne comprends toujours pas pourquoi la fin a été changée pour transformer Octave au pire en martyre, au mieux en héros, là où finalement il n'est qu'un gros loser.
Changement de fin aussi - et encore s'il n'y avait que ça - pour le gros navet avec Will Smith actuellement dans le salles, Je suis une légende. Là, je n'ai pas lu le livre, mais après m'être renseigné je ne comprends meme plus pourquoi le film se réclame du bouquin, ça n'a plus rien à voir. Enfin, ne connaissant pas l'oeuvre de base, j'y allais sans attente particulière mais ça ne m'a pas empêché de trouver ça consternant. En fait, en dehors les vues de New-York désertée, il n'y absolument rien de potable. On sursaute parfois, car le seul ressort du film question trouillomètre, c'est de faire claquer une porte de placard ou crier un zombie au milieu d'un moment de calme. Passée la surprise, on se retrouve face à des monstres grotesques qui brassent beaucoup d'air pour pas grand chose et qui ne sont même pas particulièrement réussis au niveau des effets spéciaux. Peut-être pour se rattraper, on essaye de jouer sur la corde sensible en essayant de montrer que le personnage de vient à moitié fou. Dommage, y a pas plus casse-gueule, et vue l'incapacité de Will Smith à faire passer quoi que ce soit, on a l'impression que tout ça n'est qu'une grosse farce. Mais on touche réellement le fond à la fin, lorsque le héros se sacrifie pour l'humanité toute entière -sortez les mouchoirs- et que l'espir renaît au sein d'une colonie de survivants qui ressemble étrangement à un village mormon. On sort de là en se demandant si tout ça est un hasard ou si c'est un message à peine caché sponsorisé par l'Eglise. Bref, comme disait Baffie à propos de son film, "N'y allez pas c'est une merde". Allez plutôt voir LE chef d'oeuvre de cette fin d'année, Je suis un cyborg.
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Résumer l'histoire de ce film qui ne passe malheureusement que dans 8 salles en France dans l'indifférence générale n'est pas évident, mais je vais quand meme le faire pour vous : Young-goon, convaincue d'être un cyborg, est internée. Refusant de s'alimenter, elle recharge ses batteries en suçant des piles et parle aux appareils électriques qui lui rappellent son importante mission : rapporter à sa grand-mère, persuadée d'être une souris et internée depuis des années, son dentier. Il-Soon, un kleptomane un peu particulier interné dans la même clinique que Young-Goon, va devenir fou d'elle et tenter de l'aider à accomplir sa mission et à trouver le véritable sens de sa vie. 
Vous vous en doutez, c'est un film totalement barré, déglingué, à l'image des personnages qui le peuplent. Tous sont irrésistibles, follement attachants par leur incapacité à voir la réalité. C'est un film drôlissime mais mélancolique, insensé mais brillant, bref c'est un immense moment de poésie. Si vous avez la chance d'avoir une copie dans votre ville, n'hésitez pas une seconde. Les autres peuvent se contenter du cinéma à la maison, à condition de bien choisir : le DVD des Chansons d'amour est sorti le 6 décembre. Comme ça vous avez le choix entre les deux meilleurs films de 2007.

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