Il est arrivé quelque chose de grave, j'en suis sur. Il est 21h30, un dimanche, et mon Benji n'est pas connecté sur msn, ne répond pas au portable, et puis d'abord il devrait être
rentré à cette heure-ci. En plus je viens de lire qu'un incident avait eu lieu dans le métro, des personnes intoxiquées par de la fumée à la suite d'un petit incendie. Mon sang n'a fait qu'un tour
; heureusement ils sont tous gaiement rentrés chez eux les poumons détartrés. Mais alors où est-il? Je ne sais pas moi, un accident est si vite arrivé. Ou alors il me quitte sournoisement pour un
travesti chilien, et coupe tous les ponts d'un coup.
Oui, riez, mais c'est pas facile d'être parano, vraiment. Heureusement, à me relire, je me dis que je suis trop con, mais quand meme, j'ai l'inquiétude dans le sang. Ah, voilà Benji qui se connecte
sur MSN. Quel soulagement, on va pouvoir passer à autre chose.
Car ma paranoïa prend souvent une autre forme, pire encore : je suis un poilounet hypocondriaque. Par exemple, la semaine dernière, j'ai eu le tétanos. Enfin un peu, il semblerait que tout ça n'ait
été qu'une fausse alerte.
Il se trouve que lorsque j'ai fait ma visite à la médecine du travail, j'ai fait le rappel du vaccin du tétanos, parce que j'étais pas franchement à jour. Ce qui a fait l'effet d'un mentos
dans du coca light dans mon petit cerveau... "Je ne suis pas à jour, donc peut-être vulnérable... Aaaah mais hier je me suis fait une micro-coupure au pouce, qui sait quel sale microbe peut s'être
faufilé joyeusement?" J'ai donc passé 15 jours à guetter les premiers symptômes du tétanos, douleurs au cou et difficultés à déglutir. Le problème étant que mon travail me donne des courbatures et
que j'ai régulièrement des angines. J'ai donc eu, ces jours-ci, mal au cou et à la gorge. Je vous laisse imaginer dans quel état psychologique j'étais. Je me suis même renseigné sur les mille et
une douleurs atroces qui accompagnent la mort lente des tétaniques, ce qui ne m'a pas aidé à me calmer. Heureusement, la période d'incubation est dépassée et je suis en pleine forme. J'ai donc
officiellement survécu au tétanos.
Heureusement c'est un cas extrême, et je n'ai pas toutes les semaines des cancers du foie ou le paludisme. Encore qu'une douleur au bras gauche peut annoncer une crise cardiaque, et une migraine
une appendicite de la tête. Le problème, c'est que je ne peux pas vivre pleinement mon hypocondrie. D'abord
parce qu'un vrai hypocondriaque ça se plaint, ce qui n'est pas dans ma nature (bien faire la distcintion ici entre râler, que je fais tout le temps, et se plaindre, ce que je ne fais que rarement).
Ensuite parce que le vrai hypocondriaque passe sa vie chez les médecins, que, pour ma part, je fuis autant que possible. On sait jamais, ils pourraient confirmer mes doutes et m'annoncer que je
vais mourir d'une maladie rarissime. D'ailleurs mercredi je passe une radio des poumons... J'aurais préféré ne pas savoir ce qu'il y a là-dedans, mais bon... Si j'ai un cancer, je vous tiendrai au
courant!
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