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Lundi 16 octobre 2006
J'ai souvent l'impression d'être un tout petit enfant perdu parmi des ados détestables car débarassés de leur candeur. Pourtant, on me le dit souvent, je suis plus mature que la plupart des jeunes de mon âge. La faute à mon année d'avance, mais pas seulement vu le nombre de gens de 20-21 que je trouve boulets à souhait. N'empeche, j'ai le sentiment d'avoir gardé quelque chose de très précieux dont trop de monde s'est débarassé trop tot, sans scrupules. Je me sens plus gamin en tout cas que telle gothopouf maquillée au Ripolin, pseudo-déprimée et qui prône le suicide par l'intermédiaire de son skyblog ou de son Eastpak taggé au blanco ; plus frais que tel skateur qui fait semblant de trébucher dans le bus pour se rattraper à la taille de la jolie asiatique en face de lui (eh mec tu sais combien de fois on lui a fait le coup?). Même si leur adulterie (les enfants on la chance d'être autorisés à inventer des mots, on trouve meme ça mignon) est feinte, leur arrogance et leur assurance qu'ils sont des gens "cool" les empecheront définitivement de retourner un jour au pays imaginaire.

C'est bien triste pour eux. Quand j'ai un coup de blues, c'est comme ça que je me détends, et pas avec un exutoire glauque ou une inhalation douteuse. Il y a une semaine ou deux, j'ai re-regardé Peter Pan après être allé à l'exposition Walt Disney (quand meme des fois je suis limite, j'avais pratiquement les larmes aux yeux de joie dans la salle consacrée à Alice au pays des merveilles). C'est bien le symbole de l'enfance, ce dessin animé, et puis en plus c'est le premier Disney dont je me souviens, j'étais allé le voir tout gosse au cinéma de Grasse, avec ma grand-mère et mes soeurs. Je crois que je ne l'avais pas revu depuis. Peu importe, un mythe littéraire pareil, ça ne s'oublie pas facilement, et j'ai retrouvé  tous les détails chers à ma mémoire, à commencer par le crocodile Tic-Tac.  Bref, après une heure et demi d'émerveillement puéril ("Derrière toi Peter!!!"), le retour à la réalité est assez difficile. Ze veux mon nounours et des crêpes au coin du feu, n'importe quoi qui fasse office de madeleine de proust (tiens l'autre jour au petit déj j'ai mangé du panettone avec mon benji, ça m'a bien rappelé l'époque où j'en mangeais petit, mais j'aimais pas les raisins secs alors je triais... j'en mangeais juste pour le plaisir d'en donner à mon chat, qui flaire le panettone à 10km). N'ayant pas ce genre de choses sous la main dans mon 20m² parisien, je me mets à la fenêtre pour me laisser aller à une autre des mes grandes occupations : le voyeurisme. Enfin disons la saisie de petits fragments de vie qui permettent d'imaginer les autres fragments, je suis pas fan du gros tout nu qui se balade au dernier étage de l'immeuble en face. Personne en vue, le voisin canon absent. Me voilà réduit à suivre un vol de pigeons des yeux, et à me perdre un peu dans la grisaille. Et là je me dis, en fixant un nuage de la forme d'un schtroumpf, quand meme, ce serait trop beau.
Je ferme les yeux. Fort fort fort, jusqu'à sentir tous les plis autour. Faudra pas s'étonner si je me ride prématurément. Je pense au jour de Noël, à un gros calin de ma môman, des vacances familiales en Bretagne, le cirque. Et rouvre les yeux. Merde. Quel con. J'ai oublié la poussière de fée. Et pas de jolie créature bourdonnante en vue. Y a bien une connasse de mouche qui est rentrée dans l'appart pendant ce temps, mais si la poussière de miasmes marchait aussi, ça se saurait. Voilà, Cyril, 18 ans, fait la tronche à son balcon parce qu'il vient d'avoir une nouvelle preuve cuisante de l'impossibilité de voler. Pas question de s'avouer vaincu, malgré tout. Un jour, ça viendra. Je pourrai rire au nez des grincheux qui descendent s'enfermer dans l'humidité étouffante d'une rame de métro, de ceux qui sentent le poids de la gravitation et des ans peser de plus en plus sur les épaules. Enfin c'est pas pour demain. Demain, au programme : des cours (heureusement, je fais le minimum pour le moment. La glande aussi c'est un reste d'infantilité non? le stade oral, tout ça... bon j'ai pas un doctorat en psychanalyse en meme temps), des courses, la lessive, les comptes, des histoires de fesse dans Grey's anatomy. Ch...

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Lundi 2 octobre 2006
Je me devais quand meme parler de l'album de Renaud, rouge sang, qui est sorti aujourd'hui. Je l'ai écouté une fois et je ne le ferai pas une deuxième. Je ne vais donc pas m'étaler sur le sujet, mais le déconseiller le plus vivement du monde à quiconque aime la chanson française. Il y a trois excellentes raisons d'éviter ce double album. Le chant, la musique et les textes.
Renaud n'a jamais aussi mal chanté, je le soupçonne d'avoir piqué certaines intonations à Vincent Delerm son nouveau compagnon de galère. Une vraie catastrophe...
Musicalement, il y a deux catégories de chansons. D'abord les mélodies ou les arrangements recyclés. Histoire d'être sur de plaire, il suffit de reprendre les meme recettes que pour les précédents succès. La plupart proviennent de Boucan d'enfer (Coeur perdu devient RS & RS, évidemment Dr Renaud se transforme en Les bobos...), mais on ressent aussi un relent de Socialiste à l'écoute de Elle est facho ou de Miss Maggie dans Ma blonde. Ensuite, il y a les arrangements totalement incongrus, comme cet "Arreter la clope" tordant, aux guitares démodées d'une vingtaine d'années, et qui n'auraient jamais pu coller à Renaud de toute façon.
Les textes enfin... Là aussi, il y a un impressionant travail de recyclage. Adieu l'enfance c'est Elle a vu le loup déguisé, Malone est le nouveau Pierrot, et il y a du Triviale Poursuite, du Morts les enfants ou du Fatigué dans Rouge sang et Pondichéry. Et évidemment, il faut noter ce repompage avoué, J'ai retrouvé mon flingue. Ce qui est censé signifier que Renaud a retrouvé sa gouaille. Et effectivement ça balance grave sur cet album. Il faut pas prendre les blondes pour des connes, George Bush est con (quel couraaaaaaage de dire ça!), y a rien de bien à la télé, faudrait économiser l'eau. Des prises de position audacieuses et originales, qui vont certainement provoquer une mini-révolution dans l'Hexagone. Le pire, c'est que Renaud se croit sincèrement corrosif. Il qualifie ses mots de teigneux (Sentimentale mon cul), d'assassins (Les bobos), dit "déglinguer", "décimer", "dégommer" par la force de ses rimes. Il rappelle plutot un vieillard sénile radotant des idées mille fois entendues. En tout cas, c'est un vieillard amoureux. C'en est même écoeurant de niaiserie. Mon coeuuuur, mon amour... Romane, la blondasse de Renaud, qu'il aime toujours malgré le bide phénoménal de son permier album, envahit une bonne moitié de l'album. Car il l'aimera "Jusqu'à la fin du monde"... Dommage qu'il n'ait jamais excellé dans l'art d'écrire des chansons d'amour, car ça devient franchement gonflant au bout de la deuxième.
Bref, mon dernier mot sera un chiffre : 0.

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Vendredi 22 septembre 2006
Il y en a qui contestent, qui revendiquent et qui protestent, Renaud, lui, ne fait qu'un seul geste...

J'ai peur de finir cette phrase, peur de me voir assailli de toutes parts par des inconditionnels de l'alcoolique le plus sympathique de la chanson française. Et pourtant, notre rebelle au cheveux gras vient d'en faire une belle, un retournement de veste plus rapide que l'éclair, faisant passer Ségo et Nico pour des mous du genoux fiables et intègres. Je vous le donne en mille, il se donne en spectacle avec un de ceux à qui il dédiait son dernier crachat dans la gueule ou au moins ses derniers postillons en date, Vincent Delerm, véritable chef de file des bobos.

Il se trouve que lui aussi se prépare à nous resservir sa soupe tiédasse (Les piqures d'araignée, dans les bacs lundi), c'était donc l'occasion de faire un supeeeer plan promo! On oublie ce qu'on a dit, on le pensait pas après tout, "dans les chansons d'Vincent Delerm, on les retrouve à chaque rime", c'est juste parce que j'étais en panne d'inspiration, il me fallait une rime en -ème... pas de bol hein. on va faire des sketches rigolos tout pleins qui vont trop booster nos ventes, oué!
Ca nous donne des spots absolument consternants, mais ce n'est pas le pire... Il faut vraiment tomber bien bas pour se montrer en totale opposition avec un texte écrit il y a à peine quelques mois.


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Vendredi 22 septembre 2006
Puisque je suis un pédé super communautaire, qui va à la Gay Pride et tout, je lis pratiquement tous les mois notre super magazine à nous les gays et les lesbiennes (mais surtout les gays, parce que les lesbiennes ont droit à trois pages sur les 200), j'ai nommé Têtu. Ce mois-ci encore je me suis jeté dessus dès sa sortie en kiosques, trop pressé de voir le nouveau poster-boy ou les pages mode, en bon gay parisien qui se respecte, adulant Galliano, McQueen et Gautier. Bref, je vais pas vous raconter ce qu'on trouve dans ce 115e numéro, c'est à peu près la meme chose que d'habitude. La petite surprise, le cadeau de la rentrée, c'était le premier numéro de Têtu voyage, 100 pages, comme indiqué en gros sur la couverture. Dès les premières pages le ton est donné. Chez Têtu, le mot "voyage" est forcément associé à un beau gosse bien bronzé qui pose lascivement au bord d'un lagon paradisiaque. Et encore, s'il n'y avait pas ces lois stupides pour la protection des mineurs, on aurait pris une photo sur une plage naturiste. Message : le pédé part en vacances pour draguer, baiser, ou au moins pour rencontrer d'autres gens "comme lui". "dans des boites où y a que ça? que des gens comme ça comme vous? aaaah"... Réminiscence de Ils s'aiment, le sketch avec les pédés. et c'est bien ce cliché là qu'on trouve dans ce Têtu voyage. on parle d'hétérophobie chez les homos, des fois j'ai l'impression que ça reste de l'homophobie. paradoxal, mais pas forcément impossible. c'est au moins un énorme complexe d'infériorité collectif. réfugions nous sur des iles où les gays pullulent, on sera surs de pas déranger/être dérangés par des hétéros. le gay n'arrive pas à se sortir de la tête l'idée qu'il dérange, qu'il est provocant. je n'invente rien. page 13 : "certains homosexuels sont allergiques aux hétérosexuels pendant leurs vacances. trouver une destination où ils pourront aimer leur moitié en plein jour relève du casse-tête."
allons bon. nous revoilà en plein 19e siècle, il faut se cacher quand on est homos s'il y a des hétéros autour. si ce sont les homos qui pensent comme ça, on est pas sortis de l'auberge pour ce qui est de l'égalité des droits. d'autant plus que ce n'est pas le seul cliché adopté par les homos sur eux-memes. dans Têtu, le pédé de base est un mec qui adore
la musique house, sortir en boite, la mode et les cosmétiques. il est bodybuildé la plupart du temps, ou alors c'est un bear ou un soumis. une soumise d'ailleurs, car le gay parle de lui-meme au féminin. c'est une chienne, une copine, une coquine ou une tante. mais plus que tout, il adore le cul, et il doit s'inquiéter si, en vieillissant, les discussions "suck fuck and drugs" de ses copines ne l'interessent plus. bref, ce qui est sur c'est que le pédé est à des années-lumières des hétéros coincés, machos et franchement peu interessants, sauf ceux qui acceptent parfois de coucher avec un mec, mais j'ai toujours trouvé ça louche. il est donc largement préférable de cloisonner bien hermétiquement nos deux mondes, on sera bien plus tranquilles comme ça. et l'évolution des moeurs se fera encore plus vite, bien sur. retranchons nous bien au chaud dans le marais, partons tous ensemble à Ibiza, et puis tiens, pourquoi pas former un état gay?? Michou sera notre président, l'hymne national sera un morceau de Tomboy, on interdira les mecs qui ne sont pas épilés, à part à Bearville, on sera enfin heureux, libres, sans cet écrasant "regard des autres" qui nous traumatise. le paradis perdu, avec beaucoup de pommes et de serpents à croquer, et sans cette gourde d'Eve. Faudra pas que j'oublie de prendre du lubrifiant.

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Vendredi 22 septembre 2006
bon. il est grand temps de se reprendre. il est 1h16 et ça fait maintenant plus de deux semaines que je n'ai rien posté ici, excepté des réponses aux commentaires. alors ce soir j'ai rien de plus à dire, mais je me dis que merde, je vais pas re-abandonner ce blog pendant un mois pour recommencer et puis non et puis trois articles et ça s'en va et ça revient, c'est fait de tous petits riens. c'est pas faute d'avoir des lundis au soleil, je bronze devant mon ordi depuis pratiquement deux semaines. c'est pas par flemme non plus, je vous lache pas c'est promis, quoique vous vous en foutez j'imagine, la blogosphère grouille de blogueurs de mon acabit. bref, j'ai juste un gros manque d'inspiration en ce moment. voyons les options qui s'offrent à moi.

1. parler de ma vie. ça a pas trop mal marché jusque là. mais bon, en ce moment ma vie se résume assez facilement. Petit a, je suis namoureux. c'est très bien tout ça, mais je vais pas transformer mon blog en ode à mon chéri qui est tout doux, qui sent bon et qui est très gentil parce que ça n'a franchement aucun interet. je peux aussi éventuellement évoquer nos périples sexuels, y a des trucs assez funs, et puis c'est bien connu le sexe fait vendre, mais là c'est lui qui va raler. et puis je suis pudique quand meme (sisi). Petit b, je rentre à la fac dans deux semaines. Et alors là c'est du pur tourisme, mieux qu'un japonais en voyage à Paris, sauf que l'annexe Championnet de la Sorbonne, c'est pas aussi impressionnant que la tour Eiffel. Quoique. En gros je sais vraiment pas où je vais ni ce qui m'attend, mais en tout cas j'y vais supermotivé! c'est déjà ça. bon et puis il y a des trucs autour... je vais trouver... ma vie ne se limite quand meme pas aux amours et au boulot? bon euh j'aime mes amis(note à moi meme : rappeler pauline, ça fait une semaine là...), ma famille aussi un peu (oui bon des choses tendues comme des strings-taureau récemment mais bon c'est la vie), je suis fauché mais en bonne santé. donc ça c'est fait. si vous voulez plus de ces histoires ô combien croustillantes, tapez 1.

2. parler musique. ça j'ai l'habitude, mais bon ça déchaine rarement les foules, à moins de brocarder tout le monde (tiens d'ailleurs Delerm sort un album, là, faudra que je fasse quelque chose pour fêter ça). Donc mon benji m'a offert Supernature de Goldfrapp la semaine dernière, et c'est vraiment un très bon album, au premier abord ça vole pas très haut ("I need la la la la la la...") mais ça va quand meme un poil plus loin que ça (ben oui quand meme, c'est la meme goldfrapp que celle qui a sorti le dépressivo-assourdissant Felt mountain, alors...), tout en second degré et sexyness quand meme. Mention spéciale aux grosses b**** bien cachées dans le décor so satin chic des photos... J'ai aussi trouvé l'album solo d'Emily Haines, Knives don't have your back, en mp3 car apparemment il va pas sortir par chez nous. c'est bien triste, surtout que ça veut aussi dire pas de tournée. enfin en tout cas, c'est du tout bon, surprenant de la part d'Emily qui est plutot branchée rock habituellement, un album très doux et mélancolique essentiellement au piano. Avec une ouverture sublime, Our hell, un morceau qui parle (peut-être, enfin c'est ce qui m'apparait pour le moment) de se casser totalement la gueule tout en essayant de sauver les apparences. Vraiment un album que je recommande. C'est tout pour le moment, mais ma liste de downloads sur Soulseek est pleine à craquer (mais chut), donc c'est loin d'être fini. De quoi parler musique si vous tapez 2.

3. dénoncer/annoncer. Tout un art quand meme. Enfin appelez ça comme vous voulez, afficher ses préférences, pousser un coup de gueule ou de coeur ou faire son interessant. En tout cas déblatérer avec conviction sur tout et n'importe quoi. Le monde a besoin de gens qui crient. Très fort. J'ai vu une très belle image aujourd'hui, dans En aparté avec Christine Angot (encore elle oui). Et pourtant c'était un extrait de chez Ruquier samedi soir, comme quoi tout arrive. Un économiste, philosophe ou je ne sais quoi tenait des propos un poil tendancieux par rapport aux enfants immigrés. Sur ce, Christine Angot, présente sur le plateau, pousse un cri effroyable. "aaah mais c'est pas possible!". consternation évidente dans le public. qui l'a invitée la folle de service? devant mon ordi je suis perplexe aussi quelques secondes. le type n'en mène pas large. je vous parle pas de Ruquier qui en chie dans son froc. Christine en rajoute une couche dès que son interlocuteur bégaye deux mots. "non c'est pas possible un discours pareil; c'est du racisme pur!". un cri qu'on a du entendre jusqu'à Cachan. applaudissements. "ah, elle dénonce le racisme, faut applaudir alors!" (ou pire, c'était un petit panneau "applaudissez" qui a déclenché ça...). Fin de l'extrait à en Aparté, question de Pascale Clark : vous n'avez pas peur qu'on dise "quelle hystérique, angot"?
certainement on le dira. moi meme, je l'ai pensé quelques instants. mais quelle belle hystérique! meme sans être forcément d'accord avec elle (j'ai pas bien entendu ce que disait le type), je suis admiratif... on dira que ce n'est pas très constructif de hurler, mais autant de passion, de manière aussi soudaine et brutale, j'ai vraiment trouvé ça beau. Christine Angot, je vous aime.
ah ben tiens c'est venu tout seul ce paragraphe. bon moi je tape 3.

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